LES ALLEGORIES...

Publié le par crevette

"Dessin définitif pour l'allégorie  de la sculpture"
                        1896 - crayon noir, mine de plomb, lavis, 41.8 x 32.3
         
  
                       


                 1883
    huile sur toile, 85 x 117 cm
    Historisches Museum, Vienne


"La Fable" fut peinte en 1883, l'année où Klimt et son frère Ernst ont obtenu leur diplôme de la Kunstgewerbeschule (l'Ecole viennoise des Arts et Métiers) à Vienne. Elle résulte d'une commande d'illustrations pour une publication en trois volumes intitulée "Allégories et emblèmes" destinée à moderniser le langage allégorique traditionnel des artistes afin d'y inclure des aspects de la vie moderne tels que le commerce et la technologie. Parmi les autres artistes ayant contribué à cette publication prestigieuse, Max Klinger et Franz von Stuck seront plus tard considérés comme les principaux rivaux de Klimt dans le monde germanophone. Bien que ce soit une æuvre accomplie et attrayante pour un jeune homme de vingt et un ans, "La Fable" ne porte aucun indice du style distinctif qui rendra Klimt célèbre plus de dix ans plus tard. A ce stade de sa carrière, Klimt était entièrement sous le charme du prétendu prince Hans Makart, peintre alors au sommet de sa gloire, qui sera toujours associé à l'historicisme ampoulé des nouveaux bâtiments publics de la Ringstrasse de Berlin. Alors qu'il était étudiant, Klimt était si admiratif devant Makart qu'avec son frère Ernst et leur condisciple Franz Matsch, ils avaient soudoyé le domestique de Makart pour qu'il les laisse entrer dans l'atelier de l'artiste afin d'inspecter ses immenses æuvres pendant qu'il faisait la sieste.


                                                                                       1884
                                                          huile sur toile, 50 x 74 cm
                                                         Historisches Museum, Vienne



"L'Idylle" fut aussi peint pour illustrer "Allégories et emblèmes".  Dès le début, Klimt emprunta des idées aux autres artistes, et
L 'Idylle" montre son étude soigneuse des maîtres de la Renaissance italienne et du baroque. Les nus masculins musclés (chose rare dans l'oeuvre d'un artiste si entièrement absorbé par le corps feminin) dérivent des " Ignudi"  du plafond de la Sixtine par Michel-Ange, mais font aussi une lointaine référence aux sculptures de nus masculins peintes en trompe-l'ceil dans la galerie Farnèse par Annibal Carrache et qui semblent projeter la surface peinte vers l'espace réel. Toutes les références historiques de Klimt, le type physique de la femme blonde et nue du médaillon, l'arrière-plan feuillu évoquant un papier peint de William Morris, indiquent sans erreur possible une oeuvre de la fin du XIX ème siècle.  Les couleurs  sourdes  de "La Fable"  et de  "L'Idylle"  reflètent non seulement l'historicisme  suranné du  goût contemporain, mais aussi la destination à une reproduction imprimée.


                                                                    "Dessin définitif pour l'allégorie Tragédie"
  1897  crie noir, lavis, rehaut ors et blancs
               42 x 31


Quatorze ans après que l'éditeur Martin Gerlach lui ait fourni sa première grande commande, les
illustrations "d'Allégories et emblèmes", celui-ci revint  vers Klimt pour  une deuxième série qui fut produite entre 1895 et 1897. Une comparaison entre "La Fable" de 1883 et "La Tragédie" de 1897 met en lumière la transformation remarquable qui s'est produite dans le travail de Klimt. Les deux illustrations pourraient provenir d'artistes très différents. La beauté sinistre de la muse tragique Melpomène montre l'intérêt de Klimt pour le symboliste belge Fernand Khnopff, alors au sommet de sa réputation. Le collier doré qui paraît séparer la tête de Melpomène de son corps et qui deviendra une caractéristique de la description de la femme par Klimt dans les années suivantes, provient également de Khnopff.





                PROJET DE COMPOSITION
                    POUR LA MEDECINE
                         1897-1898
                mine de plomb, 72 x 55 cm
                         Vienne



En dehors de photos et de dessins préparatoires, il ne reste de la première des trois grandes peintures du plafond de l'université de Vienne, qui étaient parmi les plus grandes réussites de Klimt, que cette étude. En 1891, à la suite du succès très applaudi des ensembles décoratifs
pour le Burgtheater et le Kunsthistorisches Museum, Klimt et Franz Matsch reçoivent la commande d'une série de panneaux monumentaux pour la décoration de la grande salle de l'Université de Vienne.

Matsch doit peindre le panneau central représentant "La Victoire de la lumière su les ténèbres" et un panneau représentant "La Théologie" - on peut penser que ce sujet avait été considéré comme inconvenant pour l'hédoniste notoire qu'était Klimt -, celui-ci devant peindre les trois panneaux restants qui symbolisaient les facultés de philosophie, de médecine et de jurisprudence.
Lorsque le premier panneau, "La Philosophie", est exposé en 1900, le Klimt de la maturité fut révélé a
u monde pour la
première fois à une échelle monumentale. Bien que le panneau soit chaudement acclamé et reçoive une médaille
d' or à l'Exposition universelle de 1900 à Paris, la Vienne conservatrice montre moins de compréhension envers la direction que prend Klimt. Le second panneau, "La Médecine".
provoque un scandale lors de son exposition en 1901, à cause de son érotisme dérangeant et de la représentation voyante de poils pubiens féminins, sans précédent dans l'art occidental
dans une æuvre de cette nature. En réponse à cette controverse permanente, Klimt rembourse  finalement l'avance qu'il a touchée de l'université et conserve les trois æuvres. Lors de l'une des plus grandes pertes artistiques de la Seconde Guerre mondiale, les panneaux seront tragiquement détruits par l'incendie, provoqué délibérément par les troupes S.S., du château d'lmmendorf, où ils étaient conservés par sécurité.

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