KLIMT ... 2012

Publié le par crevette

 

EXPOSITION / VIENNE 2012

Vienne rend hommage à Klimt, le contestataire

Par Evelyne Dreyfus : 21 Novembre 2011 


« Le Monde d’Hier », celui du tournant des années 1900 va animer Vienne. 2012 sera l’année Klimt. Hommage au peintre autant qu’au mouvement pluridisciplinaire si créatif et novateur que fut la Sécession dont Gustav Klimt fut le génial co-fondateur que la critique conservatrice n’aura de cesse de vilipender. Lorsqu’il quitte la Sécession en 1905, lâché même par les siens, le mouvement aura eu le temps de se diffuser à travers l’Europe et notamment en France avec Hector Guimard, en Belgique avec Victor Horta et en Espagne avec Antonio Gaudi.

 

Si l’art nouveau dans toutes ses disciplines vous séduit vos yeux ont largement de quoi s’émerveiller. Pas moins de huit expositions temporaires et dix musées vont participer à ce jubilé.

Si la visite des musées viennois et tout particulièrement le Belvédère qui abrite toute l’année les tableaux de Klimt s’impose, il ne faudra pas manquer les nombreux édifices où les frères Klimt (Ernst est mort très jeune) ont développé leur art à une époque où les arts plastiques, la musique, la littérature, l’architecture et les sciences oeuvraient de concert et connaissaient leur apogée dans une Vienne cœur de l’Europe et berceau de la modernité.

Klimt et ses collègues - et tout particulièrement l’architecte Josef Hoffmann - ont fondé la société des artistes autrichiens dite Sécession viennoise en 1897 pour protester contre une conception rétrograde et embourgeoisée de l’art. Le hall d’exposition de la Sécession, emblématique de ce mouvement, est encore visitable aujourd’hui.

Il a été partiellement reconstruit après guerre et reste l’une des réalisations Jugendstil les plus originales d’Europe au même titre que le palais Stoclet à Bruxelles, œuvre d’art totale dont l’édifice aussi bien que la décoration et les meubles sont entièrement le fruit du travail commun des membres de la Sécession. Ce dernier n’est, hélas, pas ouvert aux visites. Klimt fut également membre de l’une des associations d’artistes les plus importantes d’Europe centrale,le Künstlerhaus , tremplin pour bien des commandes de riches mécènes.


Pionniers d’un art total


Si Klimt a tant symbolisé son époque c’est que sa rupture avec l’art classique si cher à l’empereur François-Joseph a coexisté avec le changement profond de la société de l’empire austro-hongrois et de Vienne en particulier. On peut imaginer le bouleversement qu'occasionne un accroissement du nombre d’habitants passant en 50 ans seulement de 400 000 habitants en 1850 à 2 millions en 1900.

Ces années majeures du tournant du siècle ont dessiné une ville qui garde aujourd’hui encore le sceau des riches mécènes tout comme des échanges intellectuels qui se sont croisés ici, souvent autour des tables des innombrables cafés.

La thématique Vienne 1900 est si riche que l’on peut facilement passer une semaine à Vienne en ne visitant que les façades d’Otto Wagner ou d’Adolf Loos, les fresques de Klimt (Gustav et son frère Ernst) qui surplombent l’escalier du Burgtheater et les esquisses géantes du peintre qui sont exposées ou du Kunsthistorisches Museum ou, à la Sécession, la frise Beethoven signée Klimt et inspirée par la IXème symphonie. Un détour par le musée Léopold dans le quartier des musées qui fête ses 10 ans est tout aussi incontournable si vous voulez admirer la principale et la plus importante collection des œuvres d’Egon Schiele au monde et quelques chefs d’œuvre de Gustav Klimt. Sans parler de la magnifique exposition temporaire« Klimt/Hoffman, pionniers de la modernité » au Musée du Belvédère qui a ouvert ses portes dès à présent avec une muséographie aussi pédagogique que raffinée et inventive.

A Vienne, en cette fin d’année et toute l’année 2012 vous avez rendez-vous avec Gustav Klimt, Koloman Moser, Egon Schiele, Oskar Kokoschka, Otto Wagner, Josef Hoffmann, Josef Olbrich, Arnold Schönberg et quelques autres sommités. Quelques musiciens et écrivains immortels vous y attendent aussi. L’art s’y déploie à chaque coin de rue. Même, de plus en plus souvent, le contemporain.

 

 

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